"Villes"

Origine de la ville d'Abidjan (CĂ´te d'Ivoire)

Ivory_Coast
(Ivory Coast )
Localisation : Abidjan
Abidjan, le nom que porte la capitale économique de la Côte d’Ivoire serait né, d’un quiproquo. Voilà ce que raconte la légende ébrié relative à l’histoire du village qui a donné son nom à la Ville d’Abidjan ( Abijean à l'epoque). Un vieil homme revenant de son champ les bras chargées de branchages et branchages probablement destinés à la réfection du toit de sa case, rencontra sur son chemin un explorateur européen qui lui demanda le nom du village le plus proche.

Le vieil homme ne parlant pas la langue de l’homme blanc a cru comprendre que celui-ci demandait ce qu’il faisait en ces lieux. Terrorisé par cette rencontre inattendue, il s’en fuit en criant : " n’tchan m’bidjan " ce qui signifie en langue ébrié : " je viens de couper des feuilles ".

L’homme blanc crut avoir eu la réponse à sa question et consigna consciencieusement sur son bloc-note " Abidjan ".

Cette ville n’était à l’origine qu’un petit village de pêcheurs. Elle a connu en un demi siècle, une croissance et un développement qui se confondent avec l’histoire de l’expansion de la Côte d’Ivoire.

Histoire
Abidjan est la troisième capitale de la Côte d'Ivoire, après Grand-Bassam et Bingerville dont elle est administrativement une banlieue. Sa population, les Tchaman, fut rebaptisée "Ébrié" par les colons qui pérennisèrent un quolibet donné par la communauté abouré de Grand Bassam à ces pirates lagunaires. En effet, en abouré, "ébrié" signifie "peau sale"…

Sous l'impulsion de l'ingénieur Houdaille, Bingerville fut créée en 1899. À la suite d'une série d'épidémies de fièvre jaune meurtrières, les colons de Bassam décidèrent d’aller s’installer dans cet endroit plus salubre. C'est ainsi que le gouvernement colonial partit s'installer à Adjamé santey ("le village à l'écart d'Adjamé") auquel on donna le nom de Louis-Gustave Binger, le premier gouverneur officiel de la colonie.

La future Abidjan, toute proche, également posée sur le bord de la lagune n'doupé ("la lagune à l'eau chaude", future "lagune ébrié") offrait plus d'espace et de plus grandes possibilités d'expansion commerciale. Le wharf de Petit Bassam, l'actuel Port Bouët, au sud de l'agglomération, fit rapidement concurrence au wharf de Grand Bassam, jusqu'alors le principal accès économique de la colonie. En 1904, alors que Bingerville n'est pas achevée, Abidjan devient déjà le principal pôle économique de la colonie de Côte d'Ivoire et un relais privilégié pour la diffusion des produits européens vers l'arrière-pays, notamment par une communauté libanaise de plus en plus importante.

Le 10 août 1933, un décret déplace la capitale de Bingerville à Abidjan (ou Abidjean). Plusieurs villages tchaman sont alors "déguerpis". En reste notamment Adjamé, "la rencontre" ou "le centre" en tchaman, situé au nord du Plateau et où se trouve encore le chef de la communauté tchaman. C'est là que fut volé le tambour sacré de cette communauté (un tambour très particulier, actuellement dans les caves du musée de l'homme à Paris) comme monnaie de chantage pour obliger les Tchaman à participer aux chantiers du chemin de fer Abidjan-Niger.

Au sud du quartier du Plateau, actuel quartier central de l'agglomération abidjanaise, le village de Dugbeyo est déplacé de l'autre côté de la lagune, à Anoumabo, "la forêt des roussettes", qui deviendra le quartier de Treichville. Ce quartier est ainsi rebaptisé en 1934 en l'honneur de Marcel Treich-Laplène (1860-1890), le premier explorateur de la Côte d'Ivoire et son premier administrateur colonial, considéré comme son fondateur. À la place de Dugbeyo, se trouve l'actuelle avenue Treich Laplène, la gare des autobus et des bateaux-bus lagunaires du Plateau, et l'avenue Charles de Gaulle (communément appelée rue du Commerce).

La ville est aménagée selon le schéma habituel aux villes coloniales sur la base d'un plan d'urbanisme plutôt utopiste. Le Plateau ("m'brato" en langue tchaman) est habité par les colons. Au nord, on retrouve la ville habitée par les colonisés. Les deux zones sont séparées par la caserne militaire Gallieni, à la place de l'actuel palais de justice.

Près du port et le long d'un terrain de pétanque, nait le boulevard de Marseille. Derrière les premières huileries de Blauhorn, à Cocody, des colons facétieux qui avaient "emprunté" une plaque d'une célèbre rue marseillaise, rebaptisent "rue de la Canebière" une piste de sable. Un hippodrome est construit dans le sud de la ville qui ne cesse de s'agrandir.

En 1931, le Plateau et Treichville (devenue Commikro, la ville des commis) sont reliés approximativement à la place du pont Houphouët Boigny par un pont flottant. Cette année-là, un premier adressage des rues d'Abidjan est mis en place. Il sera provisoirement définitif en 1964, sous l'impulsion du maire Conan Kanga, puis (mal) complété à l'américaine en 1993. Au Plateau, dans les années 1940, l'hôtel Bardon s'agrandit et devient l'hôtel du parc, le premier hôtel climatisé d'Afrique francophone où travailleront le premier barman et le premier maître d'hôtel africains.

Dans les années 1940 et 50, à l'instar du Caire, de Tanger ou d'Istambul, Abidjan participe à l'imaginaire populaire des nids d'espions et des gentlemen-voyous en eaux troubles.

En 1951, les autorités coloniales décident de faire construire le canal de Vidri pour que les navires à fort tirant d’eau puissent venir accoster aux quais de Treichville et y aménagent un des rares port africains en eaux profondes. L'eau chaude de la lagune n'doucé subira une chute de température. Abidjan entre dans une période faste qui durera jusque dans les années 1980.

Après l’indépendance, en 1960, l’ancienne ville des colons devient le centre administratif et des affaires, siège de la présidence. L'axe au sud de Treichville, en direction de l'aéroport international et des plages, devient le quartier des Européens et de classe moyenne abidjanaise. C'est là qu'en novembre 2004, se concentreront les émeutes anti-françaises et les pillages. Le quartier de Cocody, célèbre par un Gentleman incarné au cinéma par Jean Marais, et qui, dans le schéma urbanistique colonial devait être un vaste quartier indigène, devient un quartier chic où se trouvent notamment la résidence présidentielle, l'ambassade de France, l'hôtel Ivoire et, depuis 2006, la plus grande ambassade US de l'Afrique. De vastes zones populaires se sont développées entre ces pôles, prolongées par des zones d'habitats précaires et de misère nourries par l'exode rural et l'exploitation de l'immigration sous-régionale.

Grâce à la négligence des fonctionnaires responsables et de la corruption, malgré d'indéniables modernisations, depuis les années 1980, on assiste à une dégradation générale de la ville d'Abidjan et à une amplification de sa pollution. En 2006, les intoxications massives des populations par des produits polluants déversés dans les décharges publiques en sont une illustration et un drame inévitable.

Depuis 1999, celle que l'on appelait la Perle des lagunes est pénalisée par le désastre politique et économique national.

En 1983, le village de Yamoussoukro (littéralement la ville de Yamoussou), réaménagé à coup de milliards, devient la nouvelle capitale de la Côte d'Ivoire sous l'impulsion du président Félix Houphouët-Boigny. Celui-ci révait de transformer son village natal en un Brasilia des savanes africaines. La nouvelle capitale, un important nœud routier plus qu'un pôle commercial actif, n'a cependant jamais porté ombrage à Abidjan.

Abidjan n'existait pas au début du XXe siècle

Abidjan n'existait pas au début de ce siècle. En 1950, elle venait tout juste de dépasser le seuil des 50 000 habitants (fin 1948). Pour atteindre le million d'habitants à la fin de l'année 1975, il fallut qu'elle progressât de 10 à 12 % par an, ce qui correspond à un doublement tous les 6 ou 7 ans. Mais la courbe s'infléchit brusquement avec la crise des années 80. On peut supposer que, dans les vingt dernières années du siècle, le taux de croissance d'Abidjan aura évolué dans une fourchette de 3 à 6 %. La croissance naturelle a pris le dessus sur l'apport migratoire. Les flux restent substantiels, mais les départs compensent en partie les arrivées. Les flux migratoires positifs ont amené, dans l'année qui a précédé le recensement de 1988, 80 000 personnes, dont 50 000 provenaient des régions ivoiriennes et 30 000 de l'étranger. De Côte d'Ivoire sont venus surtout des Akan (sud-est, 48 %), puis des Mandé (nord-ouest, 24 %) et des Krou (sud-ouest, 20 %). De l'étranger sont arrivés des Burkinabés (30 %), des Maliens (22 %), des Ghanéens (19 %), des Nigériens (11 %), des Guinéens (9 %). A noter que, parmi les non-africains, les Libanais sont plus nombreux que les Européens, et que les Français sont plus nombreux que les autres Européens réunis. Tous ensembles, les non-africains ne représentent guère que 3 % de la population abidjanaise, mais il s'agit tout de même d'un record pour la région.

Source: techno-science.net
Publié par : moustapha

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